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Amicale des Anciens

Histoire de l'Ecole du Bocage

170 ans au service des Jeunes

LES FRERES DES ECOLES CHRETIENNES A CHAMBERY



Dix années difficiles (1810-1820)

Les Frères des Ecoles Chrétiennes fondés à Reims par St.JB. de la Salle â la fin du 17ème siècle, ne sont arrivés dans notre ville qu'au début du XIXème. Appelés avec insistance par le chanoine AUBRIOT DE LA PALME, accueillis avec enthousiasme par la population qui n'avait plus d'instituteurs depuis la Révolution Française, tolérés par une Municipalité jamais totalement favorable, le Frère PIERRE et ses deux compagnons, venus de Lyon en 1810, eurent bien du mérite â se mettre au service des petits Chambériens les plus pauvres. En 1820, ils n'avaient encore pu ouvrir que 3 classes dans des locaux étroits, alors que les demandes d'inscription ne cessaient d'affluer et que le chanoine multipliait les requêtes auprès des autorités municipales...

Quatre-Vingts ans de succès non sans luttes (1820-1904)

Peu à peu cependant, grâce à de généreux Chambériens -il n'en manquera jamais- et à l'insistance des autorités religieuses et politiques supérieures, l'Ecole des Frères prends toute sa dimension. Le 14 octobre 1867 dans les locaux tout neufs de Porte-Reine (l'actuelle Ecole de la place Caffe) 30 disciples de Mr. de la Salle accueillent 800 élèves soit tous les garçon de Chambéry relevant de l'enseignement primaire.

Entre temps a été bâti au VERNEY le Noviciat projeté depuis 1815 et qui va rayonner sur toute la province de Savoie. On y ajoute en 1844, grâce aux dons de Mr. MARCOZ des cours de dessin linéaire, mathématiques, géométrie, chimie, physique, instruction générale pour les jeunes artisans et employés qui le souhaitent.

En 1845 est installée rue de la Gare une petite école destinée aux enfants malentendants. Elle deviendra l'Institution des Sourds-muets de Cognin en 1861.

1868 voit 3 Frères prendre en charge l'éducation des orphelins dont les parents étaient morts, victimes d'une terrible épidémie de choléra. Ils garderont cette mission jusqu'au moment où le chanoine Camille Costa de Beauregard organisera au Bocage un établissement bien adapté où les Filles de Monsieur Vincent prendront le relais des Fils de Monsieur de la Salle.

Las! Deux ans à peine après l'inauguration solennelle des classes de Porte-Reine par le cardinal BILLET la "Commune" de 1870 amène à Çhambéry un tel revirement politique que les Frères sont chassés de leur toute neuve Ecole et se réfugient au Verney... Les Novices serrent les rangs pour faire place sux 547 élèves qui suivent leurs Maîtres religieux malgré les pressions officielles exercées sur les familles. Ainsi est créée la première Ecole libre de Chambéry... Rétablis dans leurs droits d'Instituteurs publics par le Préfet l'année suivante, les Frères ne peuvent réintégrer Porte-Reine et il y a dans notre ville deux Ecoles Publiques rivales jusqu'en 1876 : les Religieux sont a nouveau supprimés comme Instituteurs publics. Il faut transférer le Noviciat à ANNECY pour laisser la place entière aux écoliers dans la maison du Verney .

Trente années durant l'activité des Lasalliens -désormais " Instituteurs Libres "- ne ralentit pas. Du Verney partent chaque jour des équipes de Frères qui vont assurer l'enseignement général à la Maîtrise Métropolitaine et à l'école primaire récemment ouverte à Cognin, un Cours d'Adultes â l'Orphelinat du Bocage, un Cours de Dessin à l'Externat Saint François.

Sur place l'Ecole fonctionne comme une ruche parfaitement organisée sous l'autorité de Directeurs aussi différents de caractère que les Frères VERAN et VIRGILE MICHEL.

En 1886 le premier fondait une "oeuvre de persévérance", comme on disait alors, appelé "Cercle Catholique" et en 1888 les Frères Joseph FAVRE et François CATHELIN mettaient sur pied un "Amicale des Jeunes Anciens du Verney".

Les fêtes de la béatification (1888), puis de la canonisation (1900) de leur Fondateur fournirent aux Frères des Ecoles Chrétiennes deux nouvelles occasions de mesurer -mais était-ce bien nécessaire?- l'affection reconnaissante que leur portaient les Catholiques Chambériens.

Il est vrai qu'une conjuration bien orchestrée à travers toute la France prenait de l'ampleur et allait bientôt aboutir à cette loi du 7 juillet 1904 qui interdirait à tous les Religieux, à toutes les Religieuses d'enseigner, même dans les écoles dites "libres"... 5 jours plus tard le Frère Directeur Virgile Michel était avisé que l'Ecole du Verney devrait fermer ses portes avant le 1er octobre 1904. Bâtie sur un terrain dont la Ville était propriétaire, le bâtiment lui reviendrait puisque était officiellement et légalement supprimée la Congrégation des Frères des Ecoles Chrétiennes qui en avait reçu la jouissance...

La première Ecole du Bocage (1905-1919)

Dispersés, tous les Frères du Verney ne quittent pas Chambéry. Cinq d'entre eux, autorisés par leurs Supérieurs et encouragés par le Comité constitué pour sauver l'école, demeurent sur place. Reprenant l'habit civil qu'ils avaient abandonné en entrant dans la Congrégation, ils se nommeront désormais "Messieurs" BALLANSAT, BEBERT, BURLET, CATHELIN et FAVRE, ce dernier prenant â 29 ans la tête de l'équipe.

Dans des locaux de fortune prêtés par le chanoine COSTA DE BEAUREGARD, tout près de la brasserie JORCIN et après avoir essuyé bien des refus de la part de l'Inspection d'Académie, ils peuvent enfin accueillir, le 12 février 1905, 72 élèves. En octobre, ils en auront 150 répartis en 4 classes.

Soutenus par leurs amis de toujours, les 5 Frères du Verney, transplantés à l'autre bout de Chambéry tiendront, 15 années durant dans des conditions quasi héroïques... En 1913 on commence la construction du bâtiment de la rue Plaisance. Un peu plus tard la guerre disperse les Cinq. Trois sont rappelés sous les drapeaux. Les Frères BURLET et BEBERT restent sur place -trop âgés pour partir en campagne- et continuent de leur mieux l'oeuvre entreprise, avec l'aide de civils bénévoles.

La deuxième Ecole du Bocage (1919- ...)

Enfin, en octobre 1919, la rentrée a lieu dans les nouveaux locaux. Peu à peu, il faudra augmenter le nombre des classes, modifier les programmes en fonction des exigences d'un monde en mutation accélérée...

Une deuxième guerre mondiale dispersera quelque temps les Maîtres -Frères et Civils- qui se retrouveront avec joie au service des Jeunes une fois la paix revenue.

Les Directeurs ont pu changer... Le Frère FAVRE sera nommé, en 1923, Visiteur des districts de St. Etienne, puis de Lyon... le Frère CATHELIN deviendra Directeur à la Motte Servolex... le Frère HALLANSAT fondera une école à Rumilly et mourra Directeur de celle d'Evian... pour ne nommer que les plus anciens...

L' "AMICALE DES JEUNES ANCIENS DU VERNEY" reprendra vie en 1923 et groupera ceux-ci avec les Anciens du Bocage et de l'Ecole de Cognin. Elle reste, avec bien d'autres amis de l'Ecole et les Parents des Elèves, une force agissante qui soutient dans leur travail les Maîtresses et les Maîtres d'aujourd'hui.

Conclusion

En 173 ans, bien des changements ont pu transformer l'aspect d'une Ecole dont un Frère PIERRE était venu de Lyon en 1810 creuser les fondations avec deux autres Lassalliens.

Frère PIERRE ! On ne sait rien d'autre de lui -à part son activité dans notre ville- que son nom... Mais quel nom symbole de solidité!

Puisse l'Ecole du Bocage rester fidèle à l'idéal évangélique au service des Jeunes selon l'esprit de Saint Jean Baptiste de la Salle et de ses disciples, les Frères des Ecoles Chrétiennes, fondateurs à Chambéry de l' Enseignement primaire XIX siècle.

Frère Charles LAPIERRE, F.E.C
(Ancien élève du Bocage : 1919 -1925)

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Le Bocage aujourd'hui

Avec la loi Haby en 1970, "le collège" du Bocage disparaît, les élèves seront accueillis à l'externat Saint-François qui en contrepartie enverra au Bocage ses classes primaires, et notre école devient école primaire.

En 1985, la demande se faisant pressante, le frère André, directeur, décédé en novembre 2000, décide avec le soutien de l'OGEB de construire un nouveau bâtiment afin d'ouvrir des classes maternelles. Monseigneur FEIDT, viendra inaugurer en février 1986, cette nouvelle bâtisse qui sera très rapidement remplie puisqu'elle accueille aujourd'hui 140 élèves de maternelles et CP. Le frère André avait su anticiper sur le devenir de l'école. Il fut une figure marquante du Bocage.

1989 voit le départ définitif de la communauté des frères et l'arrivée d'un directeur laïc.

Aujourd'hui, le rayonnement de notre école n'a pas faibli et si nous devons à juste titre remercier toutes les familles qui nous ont fait confiance, nous avons également le devoir de ne pas oublier ceux qui ont su se dévouer sans compter afin que le Bocage puisse vivre encore aujourd'hui. L'esprit de Saint Jean-Baptiste de la Salle continue à animer notre école; puisse-t-il nous habiter longtemps encore.

C. Royon
Directeur actuel du Bocage